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Discours de clôture de M.Denis HACHE, Directeur du projet d’appui Canadien au Plan National de Géomatique (PNG)

Les 17 et 18 Mars 2015 se sont tenues, au King Fahd Palace,les journées nationales de la géomatique. Avec une participation de plus de 300 personnes, cette conférence visait l’appropriation du PNG par l’ensemble des intervenants sénégalais et partenaires pour en assurer la pérennité.
C’était également l’événement qui a marqué la fin du projet d’appui canadien (PAC) au PNG.
Lors de son discours de clôture ,Monsieur Denis Haché directeur du PAC a rappelé la genèse du PNG et n’a pas manqué de magnifier la bonne entente entre le Sénégal et le Canada, entente qui a permis la mise en place d’une infrastructure de données géospatiales accessibles à tous les citoyens.


"C’est pour moi un réel plaisir d’être ici avec vous tous aujourd’hui. Vu que l’on parle de géomatique et de positionnement géospatiale depuis maintenant deux (2) jours ; j’aimerais vous mentionner que nous sommes, en réalité, pratiquement à la même position géospatiale où le début de la collaboration en géomatique entre le Canada et le Sénégal a débuté en 2003.

Pour les plus vieux de l’aventure, vous vous souviendrez que le comité organisateur de la conférence AfricaGIS, avait organisé, pour les pays francophones de l’Afrique de l’Ouest, une session sur les infrastructures de données géospatiales. Plusieurs pays, dont le Canada, étaient présents pour parler des avancements de leur infrastructure et naturellement pour en apprendre sur les besoins des pays de l’Afrique de l’Ouest.

Suite à la présentation du programme canadien GéoConnexion, j’ai eu la chance de rencontrer et discuter avec le Directeur Général du CSE à l’époque, ainsi que le DG actuel, Messieurs Moctar Niang et Assize Touré. Après plusieurs bonnes rencontres et discussions, je suis reparti au Canada en sachant qu’il fallait trouver le moyen de travailler ensemble.

Au cours des trois années suivantes, dès que je me trouvais en sol africain, je trouvais toujours un prétexte pour venir faire un tour à Dakar afin de continuer la réflexion avec plusieurs d’entre vous. Le grand défi demeurait toujours le même, premièrement, trouver le financement et surtout, deuxièmement, trouver le moyen de démontrer aux autorités sénégalaises l’importance nationale de ce Plan de Géomatique.
C’est à ce moment que nous avons rencontré le Directeur Général de l’Agence de l’Informatique de l’Etat de l’époque, M. Tidiane Seck, afin de lui expliquer l’idée du PNG et surtout l’importance de l’information géo-référencée. L’ADIE s’est vite ajouté à notre liste de participants actifs et cette participation nous a permis d’aller chercher l’appui politique tant recherché. Le décret, qui a suivi, a permis la création du Groupe Interinstitutionnel de Concertation et de Coordination en géomatique (GICC), avec un Secrétariat exécutif présidé par l’ADIE, avec le support de l’ANAT et du CSE. Avec le GICC, on pouvait maintenant bâtir ce projet sur une base solide.

Suite à ces actions, la Coopération canadienne a confirmé son intérêt dans le projet et a, depuis, supporté le projet d’appui canadien au Plan National de Géomatique du Sénégal. Leur appui financier, a permis au projet d’appui de mettre en place une structure qui va permettre au gouvernement du Sénégal de continuer la mise en oeuvre du Plan National de Géomatique.

Beaucoup de choses se sont passées depuis les 12 dernières années. En cours de route, le groupe de réflexion a grossit ! Mais parfois il diminuait, parce que les choses n’allaient pas assez vite ! Tout ceci est normal ! Nous avons vécu et nous vivons toujours nous aussi, la même chose au Canada. L’important est de continuer à avancer.
C’est peut-être vrai que les choses auraient pu être faites autrement ; que les choses auraient pu avancer plus rapidement. Par contre, une chose est certaine, le projet a été à l’écoute des besoins réels du Sénégal et à évoluer en ce sens tout au cours de sa progression.
En voici simplement quelques exemples :

SSRS
Au début du projet, on avait envisagé une évaluation du Système Sénégalais de Référence Spatiale. Comme vous le savez, le SSRS constitue la base de l’infrastructure de données géospatiales sénégalaises et son amélioration était une étape indispensable pour assurer une assise solide pour les données géoréférencées. Suite à cette évaluation, les experts et le groupe de travail ont fait la recommandation d’installer une station de positionnement permanente. Cette recommandation a été retenue. La mise en place d’une station GNSS a augmenté la précision du réseau géodésique sénégalais et facilite ainsi l’acquisition de points précis ; et permet au Sénégal de participer activement au système international de positionnement.
Les dernières statistiques démontrent que la communauté internationale utilise pleinement les données, avec plus d’une centaine de téléchargements distincts chaque mois.

FORMATION :
Au niveau de la formation, les discussions initiales visaient surtout à sensibiliser les décideurs des principaux ministères, surtout à Dakar. Aujourd’hui nous pouvons dire que plus de 100 décideurs ont été sensibilisés à la géomatique dans la région de Dakar, mais aussi plus de 200 dans 9 autres régions du Sénégal. Ces formations, en région et à Dakar, ont été un succès grâce au 14 formateurs qui ont été formés pour offrir cette sensibilisation à la géomatique.
De plus, 25 jeunes professionnels ont reçus de la formation technique plus avancée et de ce groupe, 7 ont visité différentes organisations au Canada afin d’approfondir leurs connaissances et de voir comment la géomatique est utilisé au Canada à tous les niveaux.
En cours de route, nous nous sommes associés au Centre d’Entreprenariat et de Développement Technique (CEDT), qui était à mettre en place un BTS (Brevet de technicien supérieur) en géomatique, une première au Sénégal. A ce jour, plus de 40 jeunes techniciens ont reçu leur diplôme en géomatique et une vingtaine d’autres le recevront bientôt. Cinq (5) de ces jeunes techniciens ont travaillé avec nous, en cours de route, sur le projet. Ces jeunes sont le futur de la géomatique au Sénégal et il faudra vraiment faire tous les efforts pour qu’ils participent activement aux prochaines étapes de la mise en œuvre du Plan National de Géomatique.
Nous avons aussi utilisé le centre de formation du CEDT pour organiser plusieurs de nos formations en géomatique. Cette association avec le CEDT, démontre encore une fois l’effet rassembleur du PNG.
Comme vous l’avez vu hier, durant la session en après-midi, le projet a aussi organisé un programme d’initiation des jeunes filles à la géomatique. Cette initiative entre dans le cadre de la promotion de l’égalité Femme Homme (EFH) à l’intérieur du projet. L’objectif était de favoriser la pleine participation des jeunes filles dans la mise en œuvre du PNG et leur permettre de tirer bénéfice des services que leur offre la géomatique. Plus de 231 candidatures ont été reçus ; de ce nombre, 30 ont été retenus et ont reçu une formation intensive de 2 semaines. De cette formation, des projets ont été proposées par les étudiantes. Un comité de sélection en a choisi un ; soit le suivi cartographique de l’état des routes que nous avons tous pu voir hier après-midi. Cette activité a été supportée par le projet d’appui et a reçu un support technique de 4 mois auprès d’ESRI Sénégal.
Ce groupe d’étudiantes a aussi mis en place l’association GéoFem, qui est la 1ère association de jeunes femmes en géomatique du Sénégal.
On a aussi organisé de la formation pour les gens des média afin de les sensibiliser et surtout démystifier tous ces termes scientifiques qui sont associés à la géomatique et qui font parfois un peu peur !!!
A tout ceci, il ne faut pas oublier toute la formation technique qui a eu lieu à l’intérieur de chaque activité. A mes yeux, il ne fait aucun doute que l’aspect formation a dépassé nos attentes et a permis à beaucoup de gens à la grandeur du Sénégal de mieux connaître la géomatique et ses applications.

BD TOPO
Finalement, il y a la Base de Données Géospatiales Prioritaires qui a été lancée officiellement hier. Au tout début, notre objectif était beaucoup plus minime. On parlait surtout d’implanter des normes internationales, de mettre en place des procédures permettant la migration des données existantes vers ces nouvelles normes et standards, et d’y insérer quelques fichiers seulement pour démontrer que la procédure était fonctionnelle.
Aujourd’hui, lorsque l’on regarde la BaseGéo, on y retrouve sept(7) collections de données géospatiales normalisées, précises et à jour. Cette activité a, de beaucoup, dépassé les attentes. Ce qui est intéressant est le fait que la plupart de ces produits proviennent de différents partenariats que le Sénégal a eu, par exemple avec l’Union Européenne et la JICA. Nous vous encourageons fortement à continuer en ce sens, et d’intégrer toutes nouvelles données que seront créées avec d’autres partenariats.
Ça n’a pas été toujours facile, mais grâce à la volonté et la détermination de beaucoup de gens, vous avez aujourd’hui, en main, une infrastructure de données géospatiale solide sur laquelle vous pouvez maintenant bâtir !

CONCLUSION :
Le projet d’appui canadien tire bientôt à sa fin. Donc place aux remerciements, et heureusement, la liste est longue, signe que nous avons tous bien travaillé ensemble.
Dans environ 2 semaines, le gestionnaire du projet, Paul Jolicoeur, retournera au Canada après presque 5 années à Dakar. Lui et son épouse ont beaucoup appréciés leur séjour au Sénégal. Ils se sont fait beaucoup d’amis ici, et je sais que les au revoirs ne seront pas facile. Je tiens à te remercier Paul pour tout ce que tu as accomplis au cours des dernières années et surtout pour ta détermination à nous aider à amener ce projet à bon port. UN SINCÈRE MERCI.

Merci aussi à Abdallah DIALLO et Marieta BA pour tout ce que vous avez fait depuis votre arrivée dans le projet d’appui canadien. Lors de nos nombreuses discussions, vous avez toujours su bien représenté les intérêts du Sénégal dans ce projet, mais vous avez aussi été très réceptifs à nos idées canadiennes. Vous avez toujours su trouvé des solutions, lorsqu’il y avait des impasses. Je tiens à vous remercier du fond du cœur pour tout ce que vous avez fait. On a travaillé très fort ensemble, mais je pense aussi que l’on a bien rigolé à l’occasion.
A tous les groupes de travail qui ont fait un travail phénoménal tout au long du projet et souvent loin des projecteurs. Plus d’une centaine de personnes ont travaillé dans les 7 groupes de travail. Tous ses gens sont directement responsables du succès du projet.
Je ne peux passer sous silence tout le travail de mes collègues de Ressources naturelles Canada qui sont venus ici, en cours de route. Je pense à Daniel Pilon et Eric Loubier qui sont ici aujourd’hui, à Pierre Gravel, Dominique Gauvreau, Marc Bujold, Mario Bérubé et sans oublier Yves Robitaille qui nous a aidé énormément dans la réflexion au départ. Il y aussi près d’une vingtaine de collègues qui nous aussi épauler à partir du Canada.
J’aimerais aussi remercier tous ceux qui ne sont pas ici aujourd’hui mais qui dès le départ ont contribué à l’avancement du projet. Je ne pourrai pas tous les nommer mais je tiens à souligner l’ancien DG du CSE Moctar Niang.
J’ai aussi une pensée très spéciale pour notre bon ami, Cheirou Ly, qui malheureusement nous a quitté beaucoup trop rapidement. En tant que Président du groupe de travail Communication, il serait, j’en ai la certitude, très fier du boulot que le groupe de travail actuel a fait au cours des derniers mois pour l’organisation de cette deuxième édition de la Journée Nationale de la Géomatique
Merci aussi à toutes les firmes privés et les écoles d’enseignements, canadiennes et sénégalaises, qui ont travaillé étroitement avec les groupes de travail afin d’assurer que chaque activités soient un succès. Pour avoir eu à discuter souvent avec eux, je sais qu’ils avaient et ont toujours le projet à cœur.
J’aimerais aussi remercier mes collègues de l’Ambassade du Canada pour tout leur support au cours des années. Merci au Chef de la Coopération, M. Michel Gagnon et à toute son équipe, ainsi qu’à tous nos amis de la Section commerciale de l’Ambassade. Vous avez cru en ce projet et vous nous avez épaulé tout au long afin de permettre au Sénégal d’avoir, aujourd’hui, une base solide sur laquelle elle pourra mettre en œuvre son Plan National de Géomatique.
Finalement, je tiens à remercier le Secrétariat exécutif avec qui j’ai travaillé étroitement tout au long du projet. Un sincère merci au DG du CSE, Assize Touré, avec qui je discute de géomatique depuis 2003. Vous avez toujours su mettre les intérêts du PNG à l’avant et vous nous avez toujours donné de judicieux conseils.
Au DG de l’ANAT, Mamadou Djigo, avec qui j’ai beaucoup échangé au cours des 18 derniers mois. Votre vision des enjeux du PNG et votre intérêt dans le projet d’appui, nous permet aujourd’hui de présenter à tout le Sénégal, une BaseGéo offrant une quantité remarquable de données géospatiales en ligne et ce gratuitement.
Au DG de l’ADIE et Président du GICC, Cheik Bakhoum. Vous êtes arrivé dans le projet à une période où plusieurs dossiers chauds devaient être réglés avant la fin du projet. Vous avez rapidement compris les enjeux et votre implication immédiate dans le projet d’appui nous a permis d’amener le projet à bon port. Nous avons déjà discuté de la pérennité du projet, et je sais que vous travaillé déjà à mettre en place des actions qui vont dans ce sens. A mes amis du SE du GICC, à vous tous, un sincère MERCI !!
Au cours des nombreuses discussions à laquelle j’ai participé, j’ai souvent dit que le grand défi de ce projet ne serait pas l’aspect technologique, mais bien la volonté des gens de TRAVAILLER ENSEMBLE et surtout d’accepter le changement et la manière de faire les choses. Quand je regarde à nouveau la vidéo que Paul Jolicoeur nous a présenté hier et que je vois tous ces gens que nous avons rejoints en cours de route, et quand je regarde dans la salle aujourd’hui et voit tous ces gens de différents milieux professionnels, je pense que nous pouvons tous dire MISSION ACCOMPLIE. Maintenant, le futur est entre vos mains.
Au nom de toute l’équipe du projet d’appui canadien, je tiens à vous remercier. Personnellement, ça été un privilège de travailler avec vous tous, et je tiens à vous remercier du fond du cœur pour l’accueil que vous m’avez toujours offert à chacune de mes 25 visites dans votre beau pays de la Téranga.
Merci encore une fois !